Source de la Cèze en Lozère

Bonjour à toutes et tous, entre deux publications d’informations sur l’état de notre territoire et les solutions possibles pour en améliorer son futur, nous allons publier des histoires.

La première est intitulée « Et au milieu coule la Cèze », une histoire sans fin … ? Merci à Monique de Luca de nous permettre l’usage des textes de la revue “Curioso-Antan “qu’elle dirige. Dans les tous prochains jours nous allons lier cette page à un BLOG où seront archivés les documents sources des informations que nous publions.

Et au milieu coule la Cèze épisode 1CURIOSO Janvier-Février 2021 16 article écrit par Martine Joubé Poreau

La Cèze journal hebdomadaire non politique

Le premier numéro de ce journal aurait dû paraître le 8 janvier 1876, afin de pouvoir éditer deux exemplaires par mois comme il était prévu, mais des retards ont fait que le premier feuillet de quatre pages est né le 16 janvier 1876 à Bagnols-sur-Cèze. Actuellement, sur le site des journaux anciens numérisés il n’existe que six exemplaires, qui sont conservés à la Médiathèque Léon-Alègre de Bagnols-sur-Cèze. Le premier numéro du 16 janvier 1876 ensuite ceux du 6 février, 20 février, 6 août, 20 août et enfin celui du 12 novembre. Fût-il le dernier ? Bagnols-sur-Cèze Voici les propos qui expliquent son lieu de naissance :

Le journal voué au développement des intérêts agricoles, industriels et commerciaux de notre belle région ne saurait naître ailleurs qu’ici, Bagnols est, après tout, le centre populeux le plus important de la vallée ; c’est la seule ville qui emprunte une désignation spéciale au nom de la rivière ; voisine de son embouchure, elle résume les tendances et concentre les produits des populations laborieuses échelonnées de Codolet à Saint-Ambroix. La Cèze, rivière inspiratrice

Un article loue la rivière la Cèze: de la poésie, de l’humour et des rappels à la culture antique ont été préférés à une description purement scientifique.À noter aussi des pointes sarcastiques qui visent les autres journaux et justifient le titre de Journal non politique. Comme la Sulamite, la gente rivière de la Cèze a toujours pu dire : « Je suis belle mais de bonne grâce » ; si son nom est peu connu au-delà des bords de sa vallée verdoyante et ombreuse, il ne faut en rechercher la cause que dans sa modestie outrée, quoique de bon aloi.

Yioum-Fi, chroniqueur

Notre Cèze est belle et agréable. Bonne fille, elle a bien, à ses heures, la manie de se montrer torrentueuse et néomancienne ; mais, le premier de ces travers ne tient qu’à sa nature même et l’on ne saurait trop lui en vouloir. Ensuite, si elle pratique l’art divinatoire… elle agit sans ombre d’artifice dans le but louable de fertiliser ses vals et ses vallées, résultat des plus utiles. On peut le prévoir, notre intention est de mettre en lumière, en manière de mosaïque, un ensemble de faits propres à la rivière de la Cèze et aux pays qu’elle arrose, en en faisant l’anatomie sur quinze ou vingt lieues de ses bords, à divers points de vue utiles et intéressants pour les riverains mêmes ; dire les services que la Nymphe de la Cèze rend à nos contrées ; faire ressortir ses qualités, ses mérites, et affirmer à la face du monde que par le temps qui s’égrène, l’on ne saurait trop se dégoiser à dire hautement que tout mérite vrai, quelque humble qu’il soit qui par résignation passive ou par modestie irraisonnée, reste sans utilité pour la Société, pour le prochain, n’est qu’une sorte de vertu malsaine, puisqu’elle laisse le champ libre à la suffisance et à la bêtise de plus en plus lanternes magiques auprès des masses crédules qui sont leurs dupes ! Pour lors, en ce temps-là, quand vivaient les préhistoriques ancêtres d’Adam, et que se formaient les terrains quaternaires, le vieux pic de Malpertuis, géant nuageux des monts Lozère et des Cévennes (Keben des Celtes), dont la cime pelée est à 1683 mètres d’altitude, fut ébranlé sur sa base granitique et déchira ses flancs. L’Allier prit brusquement son cours vers le septentrion ; le Tarn s’élança dans la direction du ponant ; le Gardon roula vers le sud-est ; enfin la Cèze ( Cèse ), enfant de la vieillesse et mièvre benjamine du vénérable Malpertuis, n’eût pas plutôt vu le jour que sans crier gare ! Elle prit son chemin de côté de l’orient pour venir semer le bien-être dans nos régions avec la secrète espérance de se mirer tôt dans les eaux du Rhône ! Depuis, nos vallées ont aimé la Cèze ; le soleil levant l’a regardée dans ses atours pailletés d’or et d’argent; faible d’abord, elle est devenue robuste, belle et de bonne grâce.C’est dans ces termes de tendresse et à fil d’eau que nous voulons longuement proser et chanter, « si faire se peult » comme disait feu Rabelais, notre fière et turbulente Cévennole (Sevennes, Cebennae) : c’est en bas blancs bien tirés, soit dit sans périphrases, que nous la présentons aux lectrices et aux lecteurs accueillants, manière facile qui en dira toujours plus long qu’une lourde description hydro-géographique, sans avoir trop l’air de déceler notre intention. Les vraies sources de la Cèze sont, croyons-nous, aussi peu connues que celles du Nil ! Nos propres explorations nous ont cependant permis de les fixer par 1°, 35 long, E et 44°, 25 N.(À suivre )

Cet article est signé Yioum-Fi. Nous n’avons pas trouvé d’informations sur ce chroniqueur, même si nous savons que l’utilisation de pseudonyme était de mise à cette époque. De plus, nous déplorons que ce soit le seul article lié à cette rubrique Mosaïque Au fil de l’eau, qui nous soit parvenu, les cinq autres numéros explorés, ne font plus mention de la Cèze sous cette forme. Si les seuls journaux publiés sont ceux répertoriés durant l’année 1876, c’est probablement que cette formule qui se voulait apolitique et qui n’était pas soutenue par des publicitaires, n’a peut-être pas subsisté au-delà.